{"id":244,"date":"2014-01-27T16:03:08","date_gmt":"2014-01-27T15:03:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/?page_id=244"},"modified":"2014-01-27T16:49:19","modified_gmt":"2014-01-27T15:49:19","slug":"exposition-gallerie-47-virton","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/exposition-gallerie-47-virton\/","title":{"rendered":"Exposition &#8211; Gallerie 47 &#8211; Virton"},"content":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation de Mich\u00e8le Frank<\/p>\n<p>\u00e0 la galerie 47 Virton<\/p>\n<p>par Guy Goffette*<\/p>\n<p>Puisqu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 avec chaleureuse insistance et beaucoup d\u2019agr\u00e9ments et beaucoup d\u2019imprudence de pr\u00e9senter un peintre dont jusqu\u2019\u00e0 ce jour j\u2019ignorais jusqu\u2019au nom &#8211; et je le prie de me pardonner cette ignorance &#8211; puisque, de surcro\u00eet, je ne suis ni peintre ni critique de peinture ni dipl\u00f4m\u00e9 \u00e8s Beaux-Arts, ni m\u00eame coureur d\u2019expositions ou grand amateur d\u2019art, je r\u00e9unis donc aujourd\u2019hui toutes les qualit\u00e9s requises pour \u00eatre au milieu de vous le plus innocent des spectateurs et le plus surpris des pr\u00e9sentateurs. L\u2019innocence, la surprise, voil\u00e0 peut-\u00eatre deux des atouts majeurs du quidam entrant par erreur dans une salle d\u2019exposition&#8230; pourvu, toutefois, qu\u2019on ne vienne pas lui demander son avis. Si, par inadvertance, on le lui demande, comme c\u2019est le cas pour moi aujourd\u2019hui, il y a beaucoup de chances pour qu\u2019il ne d\u00e9bite pas les habituelles phrases creuses, interchangeables qu\u2019on entend g\u00e9n\u00e9ralement en pareil lieu, mais qu\u2019il se contente de dire : c\u2019est beau, c\u2019est vif, c\u2019est plein de couleurs qui r\u00e9chauffent, de mouvements qui emportent l\u2019\u0153il et les sens, r\u00e9veillent la m\u00e9moire, retroussent la jupe d\u2019un pr\u00e9sent qu\u2019on croyait \u00e0 jamais gris, pluvieux, mena\u00e7ant, que sais-je ? Et si vous poussez un peu dans ses retranchements le quidam que je suis, si vous le poussez avec la mine dubitative ou interrogative de circonstance, si vous lui demandez de s\u2019expliquer un peu, sous pr\u00e9texte que ce qu\u2019il va dire vous int\u00e9resse bigrement, peut-\u00eatre vous avouera-t-il alors qu\u2019il n\u2019est pas entr\u00e9 ici tout \u00e0 fait par hasard, mais qu\u2019il a vu d\u2019abord cette affiche sur la porte, la vitrine et qu\u2019il n\u2019a pu r\u00e9sister \u00e0 cause de ce soleil, de cette lune au milieu entra\u00een\u00e9e, tourneboul\u00e9e dans un affolement de vagues bleues au, \u00e0 l\u2019inverse, entra\u00eenant, tourneboulant le tourbillon qu\u2019il embrase, et ce n\u2019est peut-\u00eatre en fait que la vision d\u2019un cr\u00e9puscule qui se refl\u00e8te sur l\u2019eau paisible d\u2019un lac, un ciel cr\u00e9pusculairement nuageux, allez savoir. Avec cette escalade de bleus, de verts, de rose, de mauve &#8211; on dirait que toute la palette y passe ! &#8211; mais ce n\u2019est pas l\u2019apocalypse pourtant que je ne puis me repr\u00e9senter que dans les rouges, toute la gamme bross\u00e9e \u00e0 grands traits furieux, sang et cendre. Non, le flamboiement ici est d\u2019un bleu qui s\u2019allume en vert et c\u2019est, une furie douce, une danse caressante, un enveloppement maternel de la lumi\u00e8re, centre et source du tableau, comme un gros b\u00e9b\u00e9 joufflu. On dirait, couch\u00e9, paisible, dans le giron du monde, indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui tourne autour dans le tablier du ciel et de la terre.<br \/>\nVoil\u00e0 ce qui m\u2019a fait entrer. Enfin&#8230; presque. Car, pour \u00eatre tout \u00e0 fait sinc\u00e8re, ajoutera-t-il, ce n est pas tant cette Vision g\u00e9n\u00e9rale du tableau qui a forc\u00e9 ma d\u00e9cision que les petites touches tendres de peinture \u00e0 droite et \u00e0 gauche de la toile, ce reposoir de couleurs douces qui tient \u00e0 distance respectable, une esp\u00e8ce d\u2019arbre noir d\u00e9racin\u00e9 qui menace l\u00e0-haut, \u00e0 gauche, et en bas, \u00e0 droite, l\u2019assoupissement du ciel. Ce sont elles qui m\u2019ont retenu et d\u00e9cid\u00e9, leur inexplicable joie, leur silence, leur placidit\u00e9 de cristal de velours. Et surtout, surtout le geste du peintre qui les a mises l\u00e0, comme on d\u00e9pose un tr\u00e9sor, ce geste comme d\u2019instinct qui rend \u00e0 la mati\u00e8re tout son poids, confirme sa valeur et sa richesse d\u2019expression.<br \/>\nJ\u2019ai \u00e9t\u00e9 intrigu\u00e9, dira-t-il, touch\u00e9, s\u00e9duit par ce geste-l\u00e0 et voil\u00e0, j\u2019ai franchi le seuil et je suis l\u00e0 parmi vous, et je regarde, je regarde comme vous, avec vous, surpris, fascin\u00e9 et je ne peux plus que me taire car c\u2019est le moment o\u00f9, comme disait Claudel, \u00bb I\u2019\u0153il \u00e9coute \u00bb. Derri\u00e8re la vivacit\u00e9 des couleurs, leur d\u00e9sordre ordonn\u00e9, leur sereine folie, l\u2019\u0153il \u00e9coute en moi. Un appel encore indistinct en prolonge l\u2019\u00e9cho, le rebond, la r\u00e9sonance dans mon imagination errante. Et chacun de vous fait de m\u00eame, reconstruisant inconsciemment son propre tableau, le recr\u00e9ant en toute libert\u00e9 et ce faisant, il signe avec l\u2019artiste l\u2019\u0153uvre qu\u2019ils partagent d\u00e9sormais puisque l\u2019\u0153uvre n\u2019existe que si elle est regard\u00e9e, re\u00e7ue intimement, reconnue que si s\u2019installe entre la main qui cr\u00e9e et l\u2019\u0153il qui recr\u00e9e -ce dialogue en confiance, cette communion dans la diff\u00e9rence qu\u2019appelle tout art authentique. J\u2019ajouterai seulement ceci qu\u2019on vient de me souffler \u00e0 l\u2019oreille : Mich\u00e8le Frank, Ana\u00efs en peinture, est n\u00e9e, \u00e0 Ch\u00e2tellerault, en France, et vit au Luxembourg. -Professeur de fran\u00e7ais, puis d\u2019allemand, elle donne aussi depuis quelques ann\u00e9es des cours de peinture. Car la peinture, la couleur exerce sur elle depuis longtemps un ascendant que le pouvoir des mots n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 renverser. Et chacun sait, qu\u2019on ne r\u00e9siste pas longtemps \u00e0 ce qui vous hante. Aussi Mich\u00e8le Frank s\u2019est-elle peu \u00e0 peu laisser conduire par Ana\u00efs. Jusqu\u2019\u00e0 la passion. Peinture \u00e0 l\u2019huile, pastels, gravures et aquarelles, tous les moyens lui sont bons, tous les supports &#8211; le papier, la toile, la soie, le cr\u00eape de Chine, j\u2019en passe &#8211; pourvu qu\u2019\u00e0 travers eux son imaginaire tourment\u00e9 puisse s\u2019exprimer, et ses d\u00e9sirs, ses angoisses, et la jouissance aussi que lui procurent la libert\u00e9 de l\u2019espace et le maniement des couleurs. C\u2019est tout cela qu\u2019elle veut partager avec le spectateur, cette libert\u00e9 et cette jouissance qui sont au fond de l\u2019homme et qu\u2019il. faut faire exister pour contrer la laideur et la brutalit\u00e9 d\u2019un monde domin\u00e9 par le go\u00fbt du pouvoir et du lucre. Que ce \u00ab suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me \u00bb, comme disait je ne sais plus qui, rende chacun \u00e0 lui-m\u00eame et l\u2019agrandisse, c\u2019est ce que je vous souhaite aujourd\u2019hui Ana\u00efs que je remercie d\u2019avance ici et que je f\u00e9licite chaleureusement.<\/p>\n<p>* Guy Goffette, \u00e9crivain et po\u00e8te, a publi\u00e9 cinq ouvrages chez Gallimard et neuf autres dans diverses maison d\u2019\u00e9ditions. Il a \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 par Yvet Aubert (Galerie 47 \u00e0 Virton-Belgique) pour la pr\u00e9sentation de l\u2019exposition lors du vernissage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9sentation de Mich\u00e8le Frank \u00e0 la galerie 47 Virton par Guy Goffette* Puisqu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/244"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=244"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/244\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":287,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/244\/revisions\/287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}