{"id":193,"date":"2014-01-27T14:20:46","date_gmt":"2014-01-27T13:20:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/?page_id=193"},"modified":"2014-06-08T13:11:18","modified_gmt":"2014-06-08T11:11:18","slug":"errances","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/ecrits\/errances\/","title":{"rendered":"Errances"},"content":{"rendered":"<h4 align=\"justify\">CENTRE CULTUREL de FORBACH<\/h4>\n<p>\u00ab L\u2019art est une blessure qui devient lumi\u00e8re. \u00bb (Braque)<\/p>\n<p>La vie est une blessure qu\u2019on re\u00e7oit, qu\u2019on inflige, qui se cicatrise pour s\u2019\u00e9tioler comme des racines dans la peau, dans le c\u0153ur, dans la t\u00eate, comme un cri au fond de la gorge, pour jaillir d\u00e8s que la moindre \u00e9gratignure la fait resurgir de l\u2019oubli\u2026<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019artiste devient ordonnateur de sa vie en cr\u00e9ant son monde propre. Tout comme une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, un tableau peut \u00eatre une s\u00e9quence de vie, une descente dans le temps, une caricature comique ou dramatique de l\u2019homme plac\u00e9 dans un d\u00e9cor ou dans des situations qui peuvent \u00eatre banales mais amplifi\u00e9es par le v\u00e9cu affectif propre.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019\u0153uvre d\u2019art devient le halo du r\u00e9el, s\u2019ouvre sur le sens d\u00e9figur\u00e9 des choses, rompt les mesures qu\u2019imposent \u00e0 l\u2019homme les n\u00e9cessit\u00e9s de la soumission au monde pour survivre et lui donne la possibilit\u00e9 d\u2019exorciser la souffrance qu\u2019implique cet effort d\u2019adaptation.<\/p>\n<p>Seule la cr\u00e9ation se r\u00e9alise dans cette ambigu\u00eft\u00e9 constante entre la r\u00e9alit\u00e9 et l\u2019imagination, dans l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 sa logique propre. Elle permet donc de transcender le r\u00e9el et de recr\u00e9er un monde o\u00f9 l\u2019opposition entre les diff\u00e9rents moi et la confrontation de ceux-ci avec le monde ext\u00e9rieur ne provoquent plus de conflits. Si la vie est trop souvent destruction du moi, la cr\u00e9ation est sa r\u00e9incarnation dans un d\u00e9fi au r\u00e9el par l\u2019\u00e9claircissement du r\u00eave. Elle permet de vivre deux vies parall\u00e8les, qui ne peuvent se rejoindre, l\u2019une \u00e9tant l\u2019essence de l\u2019autre, id\u00e9alisation et donc situ\u00e9e sur un plan infiniment plus \u00e9lev\u00e9. L\u2019une \u00e9tant finalement l\u2019esquisse, l\u2019autre sa r\u00e9alisation dans l\u2019ob\u00e9issance totale \u00e0 son imaginaire personnel, \u00e0 son propre crit\u00e8re de beaut\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mes peintures sont les d\u00e9cors dans lesquels j\u2019\u00e9volue dans mes r\u00eaves et mes cauchemars, \u00e0 la recherche d\u2019une harmonie int\u00e9rieure et picturale.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019art fait du trou d\u2019ombre qu\u2019est l\u2019homme un trou de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comme le dit Rainer Maria Rilke : \u00ab Le Beau n\u2019est que le commencement du terrible, ce que tout juste nous pouvons supporter, et nous l\u2019admirons tant parce qu\u2019il d\u00e9daigne de nous d\u00e9truire \u00bb, et Hubert Reeves dans Poussi\u00e8res d\u2019Etoiles &#8211; \u00ab La beaut\u00e9 de l\u2019univers n\u2019est pas \u00e0 notre mesure. \u00bb Ni \u00e0 la mesure de celui qui la contemple, ni \u00e0 la mesure de celui qui tente de saisir ce que la vie et l\u2019univers ont d\u2019\u00e9ternellement rayonnant et de r\u00e9aliser cette op\u00e9ration myst\u00e9rieuse, vibrante, qu\u2019est la cr\u00e9ation quelle qu\u2019elle soit. Mais elle seule permet de devenir ordonnateur de sa vie dans son univers propre.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019art fait du trou d\u2019ombre qu\u2019est l\u2019homme un trou de lumi\u00e8re, par l\u2019acte m\u00eame de la cr\u00e9ation. Le r\u00eave de chaque artiste est certainement ce d\u00e9sir fou que cette lumi\u00e8re jaillisse de ce trou aux yeux de tous. Malheureusement, seuls les tr\u00e8s grands artistes y parviennent. Mais si la recherche de la Beaut\u00e9 peut permettre la cicatrisation de ces blessures secr\u00e8tes ou visibles, plus ou moins perceptibles pour soi et \u00e0 plus forte raison pour les autres, blessures dont la profondeur est si subjective, la tentation du Beau, subjectif lui aussi, vaut bien la peine qu\u2019on y succombe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mich\u00e8le Frank<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CENTRE CULTUREL de FORBACH \u00ab L\u2019art est une blessure qui devient lumi\u00e8re. \u00bb (Braque) La [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":747,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/193"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=193"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/193\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":752,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/193\/revisions\/752"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/747"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=193"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}