{"id":191,"date":"1991-04-11T10:00:32","date_gmt":"1991-04-11T08:00:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/?page_id=191"},"modified":"2014-06-08T13:16:39","modified_gmt":"2014-06-08T11:16:39","slug":"points-de-fuites","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/ecrits\/points-de-fuites\/","title":{"rendered":"Points de fuites"},"content":{"rendered":"<p>Exposition ANAIS (Mich\u00e8le Frank) au Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Esch-Alzette<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0Theaterstiffchen\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">du 11 au 26 avril 1991<\/p>\n<p align=\"justify\">Points de fuites &#8211; titre \u00e9trange pour une exposition me direz-vous. Surtout au pluriel. Point de fuite, point de convergence des lignes parall\u00e8les, en perspective. Point qui en r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;existe pas, ou qui n&rsquo;existe que de mani\u00e8re subjective, point o\u00f9 l&rsquo;\u0153il s&rsquo;\u00e9gare et se fixe sur l&rsquo;horizon. Plus qu&rsquo;une portion de l&rsquo;espace, un moment un point de rep\u00e8re, un point d&rsquo;appui. Un point chaud, o\u00f9 se livrent tous les combats, o\u00f9 tout s&rsquo;\u00e9clate dans l&rsquo;\u00e9motion, un point mort o\u00f9 tout s&rsquo;annihile dans le d\u00e9sarroi, la d\u00e9rision &#8211; o\u00f9 toute \u00e9volution semble impossible.<\/p>\n<p align=\"justify\">Point de saturation. Peut-\u00eatre point de d\u00e9part, point d&rsquo;interrogation, point de fuite, jamais point d&rsquo;arriv\u00e9e. Tout au plus &#8211; point de chute. Mais aussi, point lumineux vers lequel l&rsquo;imagination s&rsquo;\u00e9vade, quand le comportement de fuite sera le seul \u00e0 permettre de demeurer normal par rapport \u00e0 soi m\u00eame&rsquo; (Henri Laborit), dans un monde o\u00f9 l&rsquo;on ne se retrouve plus.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par la volont\u00e9, l&rsquo;\u00e9nergie ph\u00e9nom\u00e9nales de la nature, les orages, les temp\u00eates, les cataclysmes qui tout \u00e0 coup se l\u00e8vent, bouleversent la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 apparente et l&rsquo;ordre extraordinaire qui semblent r\u00e9gner dans l&rsquo;univers, la volont\u00e9 de vie et de destruction qui hantent la nature et la nature humaine, par leur caract\u00e8re cyclothymique, o\u00f9 alternent ces p\u00e9riodes d&rsquo;excitation, d&rsquo;euphorie, o\u00f9 tout jaillit comme au printemps, dans un immense appel \u00e0 la vie et ces p\u00e9riodes d&rsquo;hiver, o\u00f9 rien ne bouge, o\u00f9 tout s&rsquo;enlise dans l&rsquo;apathie, dans la m\u00e9lancolie, avec des sursauts de r\u00e9volte pourtant, tour \u00e0 tour constructifs et destructifs, et le refuge, pour d\u00e9compresser, quand la menace devient imminente, quand les valeurs se d\u00e9sagr\u00e8gent dans la futilit\u00e9 et dans le kitsch , tel que le d\u00e9finit Mil\u00e0n Kundera: &lsquo;Le besoin du kitsch du &lt;Kitschmensch&gt;, c&rsquo;est le besoin de se regarder dans le miroir du mensonge embellissant et de s&rsquo;y reconna\u00eetre avec une satisfaction \u00e9mue&rsquo;.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est des moments o\u00f9 la nature ne supporte plus d&rsquo;\u00eatre maltrait\u00e9e dans son r\u00e8gne merveilleusement prodigue, et elle gronde, se d\u00e9cha\u00eene, d\u00e9verse sa col\u00e8re sur les hommes. Il est des moments o\u00f9 les hommes, comme satur\u00e9s d&rsquo;eux-m\u00eames, ballott\u00e9s entre leur pulsion de vie et de mort, n&rsquo;en peuvent plus de tourner en rond, de subir la domination et de l&rsquo;exercer, sans parvenir \u00e0 satisfaire leur volont\u00e9 de puissance, sans\u00a0trouver de r\u00e9ponse au pourquoi de leur existence, de leur souffrance, de leur solitude et ils d\u00e9clenchent une situation d&rsquo;urgence pour \u00e9chapper au vide et se donner l&rsquo;occasion de se mesurer. Ce qui appara\u00eet dans les mouvements de soci\u00e9t\u00e9 appara\u00eet aussi dans le graphique individuel, me semble-t-il, de l&rsquo;enfance \u00e0 la vieillesse mais aussi dans le cycle des saisons de la vie quotidienne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chacun de mes tableaux est un de ces points du graphique o\u00f9 je me perds et me retrouve, avant, pendant, apr\u00e8s la temp\u00eate, que je tende vers la\u00a0profondeur ou la futilit\u00e9, qui en moi cohabitent, comme des mar\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mich\u00e8le Frank<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Exposition ANAIS (Mich\u00e8le Frank) au Th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;Esch-Alzette \u00ab\u00a0Theaterstiffchen\u00a0\u00bb du 11 au 26 avril 1991 Points [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":747,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/191"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=191"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/191\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":757,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/191\/revisions\/757"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/747"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.frank-wiroth.lu\/michele-frank\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=191"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}